Suite de l'entretien avec Jérôme, chef d'orchestre du Violon sur le sable. L'épisode s'ouvre sur le témoignage d'un violoniste de l'orchestre, directeur de conservatoire, fidèle du festival depuis une quinzaine d'années. Il décrit le Violon sur le sable comme une famille, et reconnaît volontiers que Philippe Tranchet, Patrice Mondon et Jérôme Pillement méritent la vedette - ce sont eux qui font exister le festival.

Jérôme développe ensuite une réflexion sur ce que signifie diriger dans l'instant : anticiper le geste, déclencher la musique, écouter ce qui se joue, analyser ce qui vient de se passer, et corriger pour la suite - le tout en permanence, sans repère temporel fixe. Il décrit cet exercice comme une navigation constante entre passé proche, présent et avenir immédiat.

L'épisode se prolonge par une rencontre avec David Proteau, artificier et "soliste" préféré de Jérôme depuis plus de 30 ans. Il explique leur mode de travail : un écran vidéo lui permet de voir Jérôme en direct, des codes gestuels remplacent la parole, et la principale difficulté tient au délai - certains engins pyrotechniques mettent trois secondes et demie à atteindre le ciel, ce qui impose d'anticiper d'autant. Il rappelle avoir participé au tout premier feu d'artifice du Violon sur le sable alors qu'il était encore mineur.
Jérôme conclut sur la nature irremplaçable du spectacle vivant : contrairement au cinéma, on ne peut pas rembobiner. Il élargit à une réflexion sur la régression culturelle depuis le début du XXe siècle, qu'il compare à la chute de l'Empire romain. L'épisode se termine après le concert : Jérôme décrit l'état particulier qui suit le spectacle - le cerveau encore en ébullition, la fatigue que l'on repoussait toute la semaine qui attend de se libérer, et cette période de décompression qui ne commence vraiment que deux ou trois jours plus tard.

On a parlé avec :
Jérôme Pillement, David Proteau et bien plus encore.
Merci à tous de m'avoir ouvert les coulisses de ce festival.

Lien :
Un violon sur le sable
Royan
Davis Proteau
Chorale ACAD’ÔCHOEUR

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