Suite de l'entretien avec Jérôme, chef d'orchestre du Violon sur le sable. L'épisode s'ouvre sur la chorale Acad'Ôchœur avec une musique de Sam Tranchet puis Jérôme développe une réflexion sur le rapport au temps dans le métier de chef d'orchestre : " le jeune court, le vieux connaît le chemin".
À 65 ans, il n'apprend plus une partition en entier mais va directement aux endroits qui demandent un travail collectif. Il défend l'idée que l'expérience est irremplaçable : le jeunisme dans ce métier est selon lui une erreur - et que chaque reprise d'une partition connue peut révéler quelque chose de nouveau.
Il revient ensuite sur sa définition du chef d'orchestre : non pas celui qui bat la mesure, mais celui qui traduit une pensée en geste. Il fait le parallèle avec le metteur en scène de théâtre, qui construit une vision de l'œuvre avant de la transmettre aux interprètes. Le geste du chef est lu, ressenti, respiré par les musiciens - et quand tout s'aligne, il se produit des moments de grâce. Il insiste aussi sur la modestie que ce métier impose : le message passe par tellement d'intermédiaires avant d'atteindre le public.
Patrice Mondon, violoniste et premier musicien du Violon sur le sable, raconte les débuts du festival : un solo improvisé sur la plage, suivi l'année d'après d'un quatuor, puis d'un orchestre de chambre, avant l'arrivée de Jérôme à la direction. Il évoque aussi ses douze ans de participation, son rôle dans les arrangements pop-classique - notamment un solo de violon pour une chanson de Goldman - et la magie persistante du silence du public sur la plage. Jérôme conclut sur les risques du direct : un orchestre peut se planter à tout moment, y compris dans les passages les plus familiers, comme un soir de concert où Nathalie Dessay n'a pas pu chanté sa première note.
On a parlé avec :
Jérôme Pillement, Patrice Mondon
Lien :
Un violon sur le sable
Royan
Radio France
Chorale ACAD’ÔCHOEUR
Photo Cover © Fotogriff







